Le Char à Voile - 1988

Le projet char à voile s’est construit après la rencontre entre deux enseignants de Lycée professionnel, l’un enseignant les mathématiques et la physique et le deuxième la fabrication mécanique à des classes de BEP.

L’ouverture des lycées pro à des élèves de 4ème et de 3ème a été une véritable opportunité pour modifier radicalement nos pratiques pédagogiques en cours à l’époque, revoir de fond en comble les relations maître-élèves et proposer des contenus et supports, non pas innovants car le développement autour de projets d’élèves a été pratiqué et mis en valeur depuis près de cent ans, mais tout simplement sortant du cadre que les élèves connaissaient depuis le début de leur scolarité.

 

La réussite, c'est-à-dire l’aboutissement visible de ce que nous avions envisagés à l’époque, c’est concrétisé par la motivation et le dessein des élèves, des groupes d’élèves, qui ont participés de près ou de loin au sein de l’école. De très nombreux parents sont venus d’abord se renseigner, puis se sont fortement impliqués et nous ont également encouragés à poursuivre dans ce qui pouvait paraître utopique.

 

Rétrospectivement, nous savons maintenant que l’apparent succès de ce projet, est du à la cohésion de l’équipe pédagogique, profs directement impliqués dans cette classe, mais également partenaires sur d’autres sections, membres de la vie scolaire et, notre Chef de travaux Alain Collot. Ce dernier, ancien prof de Chaudronnerie et longtemps professionnel à la Snecma (participation sur le Concorde !) a entraîné derrière lui de très nombreux collègues dans une implication physique et amicale pour ce qui relevait des éléments complexes à réaliser. Notre proviseur, Madame Simone Sirop, ancienne professeur de mathématiques, a participé à certaines réunions pédagogiques et a su, discrètement, nous obtenir des aides et quelquefois aplanir certaines dissensions qui pouvaient apparaître.

 

En lisant ces quelques lignes, certains se diront que cela n’a rien d’extraordinaire, que ce sont « des fonctionnaires », même des « managers » qui sont là pour ça et qu’après tous, si ça marche une fois, en analysant et retenant ce qui en a fait la réussite, il serait dommage de ne pas continuer dans cette voie.

 

Malheureusement, les élèves sont partis vers d’autres horizons et certainement vers de belles réussites humaines. Les collègues ont mutés vers d’autres paysages plus près de leur région d’origine, certains pour des tâches hiérarchiquement plus prestigieuses ou tout simplement, la limite d’âge dans la fonction publique leur a permis de s’investir dans des occupations familiales ou associatives.

Seulement voilà, quand on a gouté, comme nous tous, au travail sur projet d’élèves et au bonheur de travailler en équipe sur ces projets, il est très difficile voir impossible de revenir en arrière. Certains d’entre nous n’ont jamais quitté cette voie car en s’appuyant sur cette simple trilogie pédagogique : un projet d’élève – une ou un compère (une équipe démarre toujours à deux) et une bonne réflexion (écrite) sur la méthode pédagogique à mettre en place chaque année en fonction des deux points précédents, l’impossible, voire l’utopie, devient envisageable, réalisable, possible.

 

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